╰┈➤ Nos vies ou leurs profits : le patronat mutile et tue les travailleurs !

#France Accidents industriels, expositions à des substances dangereuses, cadences infernales et journées de travail à rallonge : le mode de production capitaliste a généré un nombre incalculable de morts et de mutilations.

Cette situation ne date pas d’hier. En 1844, déjà, Friedrich Engels s’interrogeait, à raison, : en système capitaliste, la classe ouvrière est-elle victime d’un homicide intentionnel massif ?

Les luttes pour protéger la santé des travailleurs ont été massives et nombreuses durant toute la seconde partie du XIXe siècle, et ont abouti en 1898 aux premières lois relatives aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, qui instauraient une obligation d’indemnisation des victimes par l’employeur. La responsabilité de l’employeur était ainsi acté.

Mais cette obligation de protection et d’indemnisation des travailleurs par l’employeur n’a jamais été acquise et elle a fait l’objet de luttes intenses durant tout le XXe siècle. Car protéger les travailleurs (et les indemniser) a un « coût » pour le Capital, que celui-ci a toujours cherché à minimiser afin d’augmenter ses profits.

Ainsi, depuis les années 1990, le patronat, avec la complicité de l’Etat, ont lancé une offensive majeure contre la santé des travailleurs, en profitant de la faiblesse de la résistance ouvrière.

Résultat ? Une augmentation régulière des morts et des blessures ou maladies d’origine professionnelle.

Ainsi, en 2024, la Sécurité sociale comptabilise 1297 morts liés au travail, dont 764 liés à un accident du travail et 215 à la suite d’une maladie professionnelle, soit une augmentation respective de 5% et 19% par rapport à 2023. De même, si le nombre d’accidents du travail non mortel stagne (710 000), leur gravité augmente, de même que le nombre de déclaration d’inaptitude totale (135 000). Tant et si bien que, pour la première fois, l’indemnisation des AT et MP devient le 1er poste de dépense de l’Assurance maladie : 46% du budget total en 2024, soit +13% en 10 ans.

Concrètement, cette évolution mortifère repose sur deux évolutions majeures : la nouvelle organisation du travail mise en place ces trente dernières années et une dégradation de la législation et des moyens de la faire respecter. En effet, la généralisation de la sous-traitance et de la filialisation d’un côté et de la précarisation des travailleurs de l’autre en sont les principales causes. Ainsi, outre le secteur de l’intérim dans lequel le nombre d’AT est deux fois plus élevé que dans le reste du salariat, ce sont principalement les jeunes, les travailleurs immigrés et les femmes qui sont concernés par l’augmentation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Soit les catégories de travailleurs le plus exposé à la précarité.

Cette augmentation est également liée à une régression législative et administrative d’ampleur, dont les ordonnances Macron de 2017 – qui ont, entre autres, supprimé les CHSCT et 4 critères de pénibilité sur 10 – et la destruction méthodique du corps des inspecteurs du travail sont le symbole. Ainsi, entre 2017 et 2019, le nombre d’accidents du travail a connu un bond de 33%.

Contrairement à la propagande ambiante qui cherche à expliquer les maux liés au travail en responsabilisant les travailleurs (via des plans de « prévention » qui focalisent sur la formation des travailleurs à sécurité plutôt que sur l’imposition des normes contraignantes aux entreprises), c’est donc très clairement un système capitaliste à bout de souffle qui, en contexte de chômage de masse, cherche à augmenter ses profits à tout prix, au détriment même du renouvellement de la force de travail. Et ce, avec la complicité de l’intégralité de la classe politique actuellement au pouvoir.

C’est pourquoi, plus que jamais, il est urgent de reprendre le flambeau des luttes massives pour la protection de la vie dans les entreprises. Or, seul la reprise en main par les travailleurs eux-mêmes de l’appareil productif permettra de mettre fin à cet « homicide intentionnel massif » organisé par le patronat !

Nos vies valent plus que leurs profits !e 28 avril, tous en grève et dans la rue pour défendre nos vies !